Afrique

Conférence d’Alger : l’Afrique s’unit pour faire reconnaître et réparer les crimes du colonialisme

Réunis sous l’égide de l’Union africaine, responsables politiques, chercheurs et historiens posent les bases d’une démarche collective de justice et de réparations à l’échelle du continent.

Newstimehub

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1 Déc, 2025

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Alger accueille les 30 novembre et 1er décembre 2025 la Conférence internationale sur les crimes du colonialisme, un rendez-vous organisé par l’Union africaine et présenté comme une étape majeure dans la revendication d’une justice et de réparations pour les peuples africains. L’événement, validé lors du sommet d’Addis-Abeba en février 2025, s’inscrit dans le thème officiel de l’année : « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine ».

Durant deux jours, ministres, juristes, historiens et universitaires venus d’Afrique, des Caraïbes et de la diaspora débattent des multiples dimensions du colonialisme : violences, spoliations économiques, destruction culturelle, traumatismes intergénérationnels et impacts environnementaux, notamment ceux liés aux essais nucléaires. Les participants étudient également la mise en place d’un mécanisme africain permanent pour les réparations et la restitution des œuvres d’art.

Le choix d’Alger, symbole du panafricanisme depuis les années 1960 et refuge historique des mouvements de libération, renvoie à cet héritage politique que le pays entend réaffirmer. L’un des objectifs centraux du sommet est d’unifier les positions africaines face aux anciennes puissances coloniales afin d’élaborer une stratégie commune sur la scène internationale.

Pour l’universitaire sénégalais Idrissa Ba, la démarche implique trois étapes : quantifier précisément les victimes du colonialisme en remontant jusqu’au XVe siècle, obtenir des anciens colonisateurs une reconnaissance complète des crimes et l’accès intégral aux archives, puis aborder la question sensible des réparations dans un monde où les solidarités se recomposent.

Les conclusions des travaux doivent aboutir à une « Déclaration d’Alger », texte destiné à codifier les crimes coloniaux, reconnaître leurs effets et proposer une feuille de route continentale. Ce document sera soumis au sommet de l’Union africaine de février 2026 pour approbation.