En République démocratique du Congo, Emmanuel Ramazani Shadary, ancien candidat à la présidentielle de 2018 et cadre influent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), a été arrêté mardi à Kinshasa, selon une annonce de sa formation politique. Aucune justification officielle n’a été communiquée par les autorités à ce stade.
Ancien ministre de l’Intérieur sous la présidence de Joseph Kabila, Shadary avait porté les couleurs du Front commun pour le Congo (FCC) lors du scrutin de 2018, qu’il avait terminé à la troisième place derrière l’actuel chef de l’État Félix Tshisekedi. Son arrestation intervient dans un climat politique particulièrement tendu, marqué par le retour en force de la rébellion du M23 dans l’est du pays.
Cette interpellation survient également quelques mois après la condamnation à mort par contumace de Joseph Kabila par un tribunal militaire pour « haute trahison », en lien avec une présumée complicité avec le M23 — des accusations rejetées par ses proches.
Si aucun lien formel n’a été établi entre l’arrestation de Shadary et les récentes offensives du M23, le timing interroge. Entre janvier et février, le groupe rebelle a lancé des attaques majeures dans l’est du pays, prenant le contrôle de villes stratégiques comme Goma et Bukavu, ravivant les inquiétudes sécuritaires et les tensions au sommet de l’État.
Dans ce contexte, l’arrestation d’une figure emblématique de l’ancien régime apparaît comme un signal politique fort, susceptible de raviver les clivages entre pouvoir actuel et opposition issue du camp Kabila.
Source: TRT Africa

















