En Guinée-Bissau, l’organe législatif mis en place par le pouvoir militaire a adopté à l’unanimité une modification profonde de la Constitution, moins de deux mois après le coup d’État conduit par le général Horta N’Tam.
Réuni en séance publique, le Conseil national de transition (CNT) — composé de 65 membres désignés par la junte — a validé un texte qui fait basculer le pays d’un régime parlementaire à un régime présidentiel. La nouvelle Constitution doit encore être promulguée par le chef militaire avant sa publication officielle.
Selon les grandes lignes connues, le futur président concentrera désormais l’essentiel du pouvoir exécutif : nomination du Premier ministre, formation du gouvernement et droit de dissolution du Parlement. L’Assemblée nationale populaire est également rebaptisée Assemblée nationale.
Ce changement marque une rupture avec l’ancien système, dans lequel le Premier ministre émanait de la majorité parlementaire — un mécanisme à l’origine de cohabitations tendues, notamment après les législatives de 2023. À l’époque, le président Umaro Sissoco Embalo avait dissous un Parlement dominé par l’opposition et gouverné par décrets jusqu’à sa destitution, le 26 novembre dernier.
L’armée, qui a suspendu le processus électoral et annoncé une transition d’un an, justifie cette réforme par la nécessité de stabiliser les institutions. Mais ce nouvel épisode s’inscrit dans une longue histoire d’instabilité politique, la Guinée-Bissau ayant connu plusieurs coups d’État et tentatives d’insurrection מאז son indépendance en 1974.
Source: TRT Africa

















