Les autorités nigériennes ont annoncé mercredi la création d’un comité d’experts chargé de préparer des actions judiciaires contre l’opérateur nucléaire français Orano, dans le contexte de la nationalisation des ressources minières du pays.
La cérémonie officielle s’est tenue sous la présidence du ministre de la Justice Alio Daouda, qui a accusé Orano d’avoir engagé plusieurs procédures contre le Niger devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), revendiquant une propriété minière sur des terres nigériennes après la décision de nationalisation.
En réponse, Niamey entend initier à son tour des poursuites contre le groupe français devant des juridictions nationales et internationales, y compris en France, afin d’obtenir « condamnation et réparation des préjudices subis ». Le comité aura notamment pour mission de recenser toutes les violations présumées liées à l’environnement, à la santé publique et à la fiscalité dans l’exploitation de l’uranium.
☢️ Accusations d’atteintes graves à la santé et à l’environnement
Cette annonce s’inscrit dans la continuité des déclarations faites début décembre, lorsque les autorités nigériennes ont révélé la découverte de 400 fûts de carottes radioactives sur un ancien site d’exploitation abandonné à Arlit. Selon Niamey, les niveaux de radiation mesurés atteindraient jusqu’à 10 microsieverts par heure, bien au-delà des normes admises.
Le gouvernement nigérien accuse Orano d’avoir porté atteinte à la santé des populations locales et à l’environnement par l’utilisation et l’abandon de substances radioactives dangereuses, évoquant notamment la présence de bismuth 207 et de chrome.
Entreprise détenue par l’État français, Orano a succédé à Areva, qui détenait le monopole de l’exploitation de l’uranium nigérien pendant plus de cinquante ans. Depuis le coup d’État militaire du 26 juillet 2023, les autorités nigériennes ont rompu l’ensemble des accords avec la France, y compris ceux relatifs à l’uranium.
À ce stade, Orano n’a pas réagi publiquement à l’annonce de la mise en place du comité d’experts.

















