Pour sa première intervention en Guinée équatoriale, Léon XIV a prononcé lundi à Malabo un discours centré sur la responsabilité politique, la justice sociale et les défis du développement.
Accueilli par le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis plusieurs décennies, le souverain pontife a appelé les autorités à placer leur action au service du droit et de l’équité.
Devant les représentants de l’État, de la société civile et du corps diplomatique, il a rappelé que les dirigeants doivent répondre aux attentes fondamentales des citoyens, notamment en matière de liberté, de dignité et de justice.
S’inscrivant dans la continuité de Jean-Paul II, qui avait visité le pays auparavant, il a expliqué que son rôle consistait à accompagner un peuple confronté à des transformations rapides.
Une réflexion morale sur le pouvoir
En s’appuyant sur la pensée de Augustin d’Hippone et son œuvre La Cité de Dieu, le pape a proposé une lecture éthique de l’action politique, opposant une société guidée par les intérêts matériels à une autre fondée sur la justice et la paix.
Il a souligné que cette approche ne constitue pas un programme politique, mais plutôt un cadre moral pour orienter les décisions face aux défis contemporains.
Critique des inégalités économiques
Dans la lignée de François, il a dénoncé les déséquilibres du système économique mondial, évoquant une « économie de l’exclusion » marquée par de fortes disparités sociales.
Dans un pays riche en ressources naturelles mais marqué par des inégalités importantes, ces propos ont trouvé un écho particulier.
Ressources et conflits
Le souverain pontife a également établi un lien entre l’exploitation des ressources naturelles et les conflits, dénonçant une logique de prédation qui alimente les tensions au détriment des populations.
Il a appelé à une gestion plus équitable des richesses, dans un contexte où les écarts entre les élites et la majorité de la population restent importants.
Un message dans un contexte sensible
Cette visite intervient dans un environnement politique souvent critiqué pour ses restrictions des libertés publiques. Le pape a ainsi cherché à soutenir la population tout en évitant toute prise de position directe vis-à-vis du pouvoir en place.
Les réactions sur place sont contrastées, entre espoir de changement et scepticisme quant aux effets concrets de cette visite.
Un appel au changement
Face aux défis actuels, Léon XIV a appelé à adopter de nouvelles orientations, notamment à travers l’éducation et l’engagement de la jeunesse.
Il a invité la Guinée équatoriale à s’inscrire dans une trajectoire fondée sur la justice, la paix et le respect de la dignité humaine.
Source: AA

















