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RDC : les violences obstétricales dénoncées après une affaire choquante

Des témoignages et une vidéo virale relancent le débat sur les abus dans les salles d’accouchement en République démocratique du Congo.

Newstimehub

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23 Avr, 2026

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En République démocratique du Congo, plusieurs femmes dénoncent des violences subies lors de l’accouchement, un phénomène longtemps resté tabou mais désormais au cœur du débat public.

Sara, 31 ans, affirme avoir vécu une expérience traumatisante lors de la naissance de son premier enfant à Kinshasa. Elle explique avoir subi une intervention chirurgicale suivie de soins réalisés sans anesthésie, une situation qui l’a profondément marquée.

Ces témoignages ont refait surface après la diffusion d’une vidéo choquante tournée dans un hôpital public de la capitale, montrant une patiente violentée par un médecin après son accouchement. Les images ont suscité une vive indignation dans le pays.

La Première ministre Judith Suminwa a dénoncé des actes « inacceptables », tandis que la Première dame Denise Nyakeru Tshisekedi a appelé à des mesures urgentes.

Le médecin impliqué a été jugé et condamné à une peine avec sursis pour violences, reconnaissant avoir agi dans un contexte d’urgence médicale et de manque de moyens, notamment l’absence d’anesthésie.

Cette affaire a mis en lumière un problème structurel plus large. Selon des organisations de défense des droits des femmes, les violences dans les maternités sont fréquentes et souvent justifiées par le personnel médical comme nécessaires pour sauver des vies.

Des facteurs culturels et sociaux sont également pointés du doigt, certaines patientes étant victimes de jugements moraux, notamment lorsqu’elles sont célibataires.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le taux de mortalité maternelle en RDC reste très élevé, illustrant les difficultés du système de santé, marqué par un manque de ressources et de personnel qualifié.

Le ministre de la Santé, Samuel-Roger Kamba, a reconnu l’existence de violences dans les salles d’accouchement, tout en soulignant les efforts en cours pour améliorer les conditions de prise en charge.

De son côté, Berthier Nsadi, président de l’ordre des médecins, a évoqué la nécessité de renforcer la formation du personnel de santé.

Cette affaire a relancé les appels à réformer en profondeur le système de santé afin de garantir des soins respectueux et dignes pour toutes les femmes.

Source: Africanews