Le nord du Bénin n’est plus une périphérie calme mais une zone stratégique exposée à une pression sécuritaire croissante. L’attaque meurtrière de Kofounon, qui a coûté la vie à 15 soldats, illustre l’aggravation de la menace dans cette région frontalière, désormais confrontée à une infiltration progressive de groupes terroristes liés à Al-Qaïda et à Daech.
Les violences dans l’espace frontalier Niger–Bénin–Nigeria ont fortement augmenté, avec une progression estimée à près de 90 % entre 2024 et 2025 et plus de 1 000 morts recensés. Cette évolution montre que le phénomène ne relève plus de simples incursions, mais d’un enracinement progressif dans les marges rurales, où la présence de l’État reste limitée.
Au-delà de la dimension militaire, la situation révèle une fragilité sociale et économique profonde. Dans ce contexte, les coopératives de production de karité jouent un rôle structurant. Plus de 3 000 femmes organisées en réseaux locaux contribuent à maintenir une activité économique stable dans une région marquée par la peur et les restrictions de déplacement.
Ces initiatives ne se limitent pas à une activité agricole : elles renforcent la cohésion sociale, créent des revenus réguliers et offrent une alternative concrète à l’influence des groupes armés. Dans certaines zones, le karité représente une part significative des revenus des ménages, contribuant à réduire la vulnérabilité économique, souvent exploitée par les organisations extrémistes.

Les analyses internationales soulignent que la radicalisation est souvent alimentée par deux facteurs principaux : l’absence d’opportunités économiques et la rupture de confiance entre populations et institutions. Dans ce cadre, les dynamiques locales de coopération apparaissent comme un outil indirect mais essentiel de prévention de l’extrémisme violent.
Ainsi, la situation du nord du Bénin met en évidence une réalité stratégique : la réponse sécuritaire seule est insuffisante sans une intégration forte du développement local. Les initiatives économiques communautaires deviennent alors un élément complémentaire de la stabilité, au même titre que les dispositifs militaires.
Source: TRT Africa

















