Afrique

La Haute Cour du Kenya suspend le projet de centre américain de quarantaine pour Ebola au pays

La polémique a éclaté après que des médias internationaux ont révélé que l’administration américaine envisageait de transférer des citoyens américains exposés au virus au Kenya plutôt que de les rapatrier sur le sol américain.

Newstimehub

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29 Mai, 2026

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La Haute Cour du Kenya a ordonné la suspension temporaire du projet américain visant à mettre en place un centre de quarantaine pour Ebola dans le pays.

Cette décision marquait un changement radical par rapport aux mesures prises lors des précédentes épidémies d’Ebola, au cours desquelles les Américains infectés ou exposés étaient généralement isolés et soignés aux États-Unis ou en Europe.

La juge Patricia Nyaundi a déclaré jeudi soir dans son ordonnance que le Kenya n’était pas non plus autorisé à accueillir toute personne exposée au virus Ebola ou infectée par celui-ci dans le cadre de l’accord prévu avec les États-Unis, jusqu’à ce qu’une action en justice contestant cet accord soit examinée et tranchée.

La Maison Blanche a annoncé jeudi que les États-Unis mettaient en place un centre au Kenya pour mettre en quarantaine les citoyens américains ayant été exposés au virus Ebola, et qu’ils ne les rapatrieraient pas s’ils développaient des symptômes, mais les enverraient plutôt vers un pays tiers.

Cette proposition a suscité une vive polémique à travers tout le Kenya, les professionnels de santé, les experts juridiques et les voix de l’opposition s’interrogeant sur la raison pour laquelle un pays ne comptant aucun cas confirmé d’Ebola devrait accueillir des opérations de quarantaine à haut risque pour des ressortissants étrangers.

Les détracteurs font valoir que ce projet pourrait exposer le Kenya à des risques sanitaires inutiles tout en saturant les systèmes de préparation.

L’organisation kenyane de défense des droits humains Katiba Institute a saisi la justice jeudi pour contester ce projet.

« La mise en place, dans le secret et de manière unilatérale, d’un centre de quarantaine pour Ebola soulève de graves préoccupations d’ordre constitutionnel concernant les droits à la vie, à la santé, à une procédure administrative équitable, à la participation du public et au contrôle parlementaire », a indiqué le groupe de défense des droits humains.

La prochaine audience dans cette affaire aura lieu le 2 juin, a précisé Nyaundi dans son ordonnance.

L’épidémie actuelle au Congo, due à la souche Bundibugyo du virus Ebola, a déjà déclenché des mesures internationales d’urgence visant à endiguer la propagation ainsi que des restrictions de voyage.

Le nombre de cas suspects d’Ebola au Congo a dépassé les 1 000, dans un contexte de forte recrudescence dans les provinces de l’est du pays, selon un rapport de situation publié mercredi par le ministère de la Santé.

Le rapport indique que le nombre cumulé de cas suspects s’élève à 1 077, avec 121 cas confirmés et 17 décès confirmés dus à Ebola depuis que l’épidémie a été déclarée le 15 mai.