L’affaire embarrasse la diplomatie française à Bangui. Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a confirmé, mardi 11 août, avoir engagé une procédure disciplinaire contre Bruno Foucher, ambassadeur de France en Centrafrique depuis 2023.
La décision intervient après une enquête administrative menée à Bangui en 2026, à l’initiative du ministère. Le Quai d’Orsay confirme que la procédure est désormais en cours, sans détailler à ce stade les faits reprochés au diplomate.
Une trentaine de visiteuses en deux ans
Selon les informations du Canard enchaîné, reprises par plusieurs médias français, Bruno Foucher aurait reçu une trentaine de jeunes femmes âgées d’environ 20 à 30 ans dans ses appartements privés de la résidence de France, entre janvier 2024 et mars 2026.
Les registres d’accès auraient fait apparaître jusqu’à une quinzaine de visites par mois, avec des passages particulièrement fréquents certains week-ends. Des services chargés de la protection de la résidence auraient fini par s’alarmer de ces allées et venues.
Le problème soulevé par l’enquête ne serait donc pas la vie privée du diplomate en elle-même, mais les risques de sécurité et les conséquences potentielles pour la résidence diplomatique.
Selon le rapport d’inspection cité par le Canard enchaîné, l’ambassadeur aurait notamment donné des instructions afin qu’une visiteuse puisse rester dans la partie privée de la résidence pendant l’une de ses absences.
Le Quai d’Orsay passe à la procédure disciplinaire
Face aux signalements, une mission d’inspection aurait été menée à Bangui en avril. Le ministère confirme aujourd’hui que ses conclusions ont conduit à l’ouverture de la procédure.
« Dès réception des conclusions de cette mission, sur demande du ministre, le ministère a engagé une procédure disciplinaire à l’encontre de l’ambassadeur. Cette procédure est en cours », a indiqué le Quai d’Orsay.
D’après les éléments rapportés par le Canard enchaîné, l’ambassadeur aurait par ailleurs reconnu, lors de ses auditions, avoir eu des relations sexuelles avec deux des femmes concernées. Ces éléments relèvent toutefois du rapport d’inspection rapporté par la presse et ne constituent pas, à ce stade, une condamnation judiciaire.
Une affaire sensible pour Paris à Bangui
L’affaire intervient alors que Paris cherche à consolider le rapprochement engagé avec Bangui après plusieurs années de relations tendues. En mars 2026, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s’était rendu en Centrafrique, une visite présentée comme une étape vers la « restauration complète des relations » entre les deux pays.
Elle intervient également dans un environnement sécuritaire particulièrement sensible, marqué par la présence russe en Centrafrique et par les tensions informationnelles visant la France.
Pour Bruno Foucher, la procédure disciplinaire peut désormais déboucher sur une sanction administrative. Selon les règles applicables à la fonction publique, les sanctions peuvent aller du blâme à des mesures beaucoup plus lourdes, mais aucune décision n’a encore été annoncée.



















