Entre Niger et Algérie, les relations reprennent progressivement, malgré une crise diplomatique régionale dont Niamey apparaît comme une victime collatérale. Ce lundi 26 janvier, le ministre d’État algérien chargé de l’Énergie, Mohamed Arkab, a effectué une visite de travail à Niamey, à la tête d’une importante délégation comprenant des cadres de son ministère et du groupe public Sonatrach.
Cette visite vise à relancer la coopération énergétique bilatérale, suspendue depuis avril 2025. Jusqu’alors, les deux pays entretenaient un partenariat dense, notamment après l’arrivée au pouvoir du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) en juillet 2023. Plusieurs accords avaient été conclus dans les domaines de la recherche, de la prospection et de l’exploitation des hydrocarbures, du raffinage, de la pétrochimie, de la distribution des produits pétroliers et du développement des infrastructures électriques.
L’Algérie et le Niger sont également partenaires du Gazoduc transsaharien (TSGP), projet stratégique de transport de gaz reliant le Nigeria à l’Europe via le Niger et l’Algérie. Alger s’était par ailleurs engagée à soutenir Niamey par le transfert d’expertise, la formation de compétences locales et le développement de la coopération minière et géologique.
Cette dynamique avait toutefois été interrompue par la crise diplomatique opposant l’Algérie aux pays de la Confédération des États du Sahel (AES), consécutive à la dégradation des relations entre Alger et Mali. Si Niamey s’est retrouvé entraîné dans cette brouille, la crise n’a pas atteint le même niveau de tension qu’avec Bamako, qui accuse Alger de soutenir des opposants et certains groupes armés dans le nord malien.
Dans ce contexte sensible, la visite de Mohamed Arkab est perçue à la fois comme un signal économique et un geste à portée géopolitique. Elle marque une reprise officielle des relations algéro-nigériennes, sans remettre en cause la solidarité du Niger avec le Mali et l’AES. Face à des intérêts énergétiques et stratégiques majeurs, l’axe Alger–Niamey semble ainsi retrouver un nouvel élan, guidé par le pragmatisme et la realpolitik.
Source: Africa News

















