La République démocratique du Congo a accusé le Rwanda d’avoir causé la mort de plus de 1 500 civils dans l’est du pays depuis début décembre, à la suite de la reprise des combats menée par le groupe rebelle Mouvement du 23 mars (M23). Selon Kinshasa, des bombardements et l’usage de drones kamikazes auraient été employés lors d’« opérations rwandaises », accusations que Kigali rejette.
Cette flambée de violences intervient quelques jours après la signature, le 4 décembre, d’un accord de paix négocié par les États-Unis entre Kinshasa et Kigali. Le 10 décembre, le M23 s’est emparé de la ville stratégique d’Uvira, dans le Sud-Kivu, provoquant l’exode de dizaines de milliers de civils vers le Burundi.
Dans un communiqué, la RDC a dénoncé un « acte d’agression clair » et accusé Kigali d’avoir déployé trois nouveaux bataillons dans le Sud-Kivu, avec une progression vers Kalemie, dans la province minière du Tanganyika. Un tel mouvement offrirait au M23 un point d’appui stratégique aux portes de l’ancien Katanga, cœur minier du pays.
Après avoir repris les armes en 2021, le M23 a conquis de vastes zones riches en minerais à l’est, déclenchant une crise humanitaire persistante. Malgré l’annonce, le 17 décembre, d’un retrait d’Uvira par le M23, Washington et Kinshasa ont exprimé leurs doutes quant à la sincérité de cette déclaration. Des sources locales ont indiqué la présence continue d’éléments rebelles dans la ville, tandis que l’armée congolaise affirme avoir repris plusieurs localités autour d’Uvira après de violents combats.
Selon les Nations unies, la dernière offensive a poussé plus de 80 000 personnes à se réfugier au Burundi et déplacé au moins un demi-million de civils à l’intérieur du seul Sud-Kivu, soulignant l’ampleur d’une crise qui ne cesse de s’aggraver.
Source: TRT Africa

















