La fermeture de fait du détroit d’Ormuz, à la suite des frappes menées le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, provoque des répercussions majeures sur l’Afrique, touchant l’énergie, l’alimentation et le transport.
Les perturbations du trafic maritime dans ce passage stratégique ont accentué les inquiétudes sur l’approvisionnement énergétique mondial et entraîné une hausse significative des prix du pétrole. Selon les experts, une augmentation de 10 % du prix du brut pourrait faire grimper l’inflation de près de 2 % sur le continent, où environ 70 % des importations de carburants transitent par ce détroit.
Face à cette situation, la méga-raffinerie Dangote, au Nigeria, a annoncé le lancement d’exportations de carburant vers d’autres pays africains, profitant de la hausse des prix. Kenya Airways a signalé que les perturbations au Moyen-Orient modifient les habitudes de voyage à l’échelle mondiale, avec une augmentation récente des réservations.
NJ Ayuk, président de la Chambre africaine de l’énergie, a déclaré que « l’Afrique paie une fois de plus le prix d’une crise qu’elle n’a pas provoquée », rappelant que l’impact touche tous les maillons de la chaîne : carburants raffinés, gaz, transport, assurance, engrais et approvisionnement alimentaire. Les pays importateurs, notamment ceux à monnaies faibles et à budgets limités, sont particulièrement vulnérables. L’Égypte et le Kenya figurent parmi les plus exposés.
Les coûts d’importation du carburant et du gaz ont fortement augmenté, alors que de nombreux États africains restent dépendants des produits raffinés importés. Cette situation accentue les pressions sur le coût de la vie, affectant le transport, l’alimentation, l’électricité et la logistique. Ayuk estime que la crise constitue un « signal d’alerte » pour le continent, appelant à réduire la dépendance aux importations et à investir dans les infrastructures locales et le raffinage.
Volkan Kahraman, expert en politique énergétique, souligne que les frappes sur l’île de Kharg et les représailles iraniennes ont aggravé la crise en limitant le passage dans le détroit. Les perturbations des infrastructures pétrolières et des terminaux GNL ont provoqué une flambée des prix, passant de 73 à 119 dollars le baril. Les effets se font sentir bien au-delà de l’énergie, impactant transports et alimentation.
Les vulnérabilités varient selon les régions : l’Afrique de l’Ouest dispose d’un excédent relatif, tandis que l’Afrique de l’Est et australe restent dépendantes des importations. Des mesures d’urgence sont prises : réduction de consommation électrique en Égypte, limitation de l’usage du carburant en Éthiopie, tensions sur la distribution au Kenya.
Kahraman conclut que cette crise pourrait marquer un tournant pour la sécurité énergétique africaine, en accélérant les investissements dans les hydrocarbures et les énergies renouvelables, et en favorisant une coopération énergétique intra-africaine accrue.
Source: AA

















