Droits humains

L’Égypte relâche des militants pro-démocratie

Sherif al-Rouby et deux autres figures emblématiques de la société civile ont été libérés, un geste interprété comme une ouverture limitée aux droits et libertés, mais qui survient dans un contexte où le gouvernement maintient un contrôle strict sur l’opposition et l’espace politique.

Newstimehub

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6 Avr, 2026

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Lundi, les autorités égyptiennes ont annoncé la libération de Sherif al-Rouby, membre fondateur et ancien porte-parole du mouvement pro-démocratie « 6 avril », ainsi que de deux autres militants, El-Sayed Moshagheb et Nermin Hussein. La décision a été confirmée par un représentant de la commission présidentielle chargée des grâces et suscite des interprétations variées quant à l’évolution des droits civiques dans le pays.

Sherif al-Rouby a passé la majeure partie des dix dernières années en détention, arrêté en 2016 pour diffusion de fausses informations et accusations de terrorisme. Il avait brièvement été libéré en 2022 avant d’être de nouveau emprisonné quelques mois plus tard. Selon l’organisation Egyptian Initiative for Personal Rights, il aurait souffert de « négligence médicale » pendant sa détention.

El-Sayed Moshagheb, ancien leader des supporters du club Zamalek « Ultras White Knights », et Nermin Hussein, militante arrêtée en 2020 pour ses critiques sur la gestion de la pandémie de Covid-19, ont également été remis en liberté.

Le mouvement « 6 avril », créé en 2008 pour soutenir des grèves et protestations, a joué un rôle central dans les manifestations ayant conduit à la chute du président Hosni Moubarak en 2011. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi, ses membres ont été régulièrement visés par une répression politique étendue.

Ces libérations interviennent alors que Le Caire fait face à une pression internationale croissante sur sa politique de droits humains, notamment concernant la détention de prisonniers politiques et les restrictions sur l’opposition. Bien que ce geste soit perçu comme un signal positif, il s’inscrit dans un contexte où le contrôle gouvernemental sur l’espace politique demeure strict.

Source: Africanews