Le Royaume-Uni a annoncé lundi qu’il retirait son soutien financier au projet gazier mené par TotalEnergies dans le nord du Mozambique, estimant que les risques sécuritaires sont désormais trop élevés. Londres pouvait engager jusqu’à 1,15 milliard de dollars dans ce chantier stratégique, suspendu depuis 2021 après une attaque jihadiste meurtrière à Palma.
Le projet, implanté dans la province du Cabo Delgado, devait faire du Mozambique un acteur majeur du gaz mondial. Mais l’insurrection jihadiste, qui a déjà fait plus de 6 300 morts selon l’ONG Acled, a poussé les compagnies pétrolières à invoquer la force majeure et à geler leurs activités.
TotalEnergies a récemment levé cette clause et vise une reprise de la production en 2029, malgré un surcoût estimé à 4,5 milliards de dollars. Le groupe demande au gouvernement mozambicain une compensation, ainsi qu’une prolongation de concession. Maputo examine encore les pertes.
L’entreprise française fait face en France à deux procédures judiciaires pour homicide involontaire et complicité de crimes de guerre, des accusations qu’elle conteste fermement. Plusieurs ONG saluent la décision britannique, y voyant un signal fort pour les banques encore engagées dans le financement du projet.
ExxonMobil a également levé la force majeure sur son propre projet dans la région. Selon Deloitte, les projets gaziers de TotalEnergies, ExxonMobil et ENI pourraient propulser le Mozambique parmi les dix premiers producteurs mondiaux d’ici 2040.

















