Dans les tribunes, il ne crie pas, ne danse pas et ne bouge presque jamais. Surnommé « Lumumba Vea » pour sa ressemblance frappante avec le père de l’indépendance congolaise, Nkuka Mboladinga s’est imposé comme l’un des symboles les plus marquants du soutien populaire à la République démocratique du Congo lors du tournoi.
Toujours vêtu avec élégance, le bras droit levé, il adopte la posture exacte de la statue de Lumumba à Kinshasa et reste immobile pendant toute la durée des rencontres, parfois plus de deux heures. Un rituel exigeant, presque ascétique, qu’il revendique comme une mission.
« Je reste immobile pour donner de la force à l’équipe, pour transmettre de l’énergie aux joueurs », confie-t-il, épuisé mais fier, après des jours d’exposition médiatique intense.
Au-delà du folklore, son geste est profondément politique et mémoriel. Pour Nkuka Mboladinga, Lumumba n’est pas qu’une figure historique : « C’est lui qui nous a donné la liberté de nous exprimer. Il a sacrifié sa vie pour nous. Lumumba est un esprit, un modèle. »
Un symbole puissant dans un pays où le souvenir du premier Premier ministre, assassiné moins d’un an après l’indépendance, incarne encore les espoirs brisés d’un destin national confisqué.
Avant chaque match, le supporter s’entraîne à rester figé près de 50 minutes, anticipant même prolongations et tirs au but. « C’est difficile de rester immobile pendant que les autres dansent autour de moi. Mais chacun joue son rôle : eux le leur, moi le mien. »
S’il n’a pas encore rencontré les joueurs, Nkuka Mboladinga sait que son message est passé. Dans un stade en ébullition, sa silhouette immobile rappelle que le football, en Afrique, est aussi une affaire de mémoire, d’identité et de résistance.
Source: Africa News

















