Au Mali, neuf officiers et sous-officiers radiés de l’armée ont saisi la Cour suprême pour demander l’annulation des décrets et arrêtés ayant acté leur exclusion, signés par le président de la transition, le général Assimi Goïta. Parmi eux figurent des cadres issus du génie militaire, de l’armée de l’air et de la garde nationale.
Les militaires concernés contestent une radiation strictement administrative, distincte de la procédure judiciaire en cours, dans laquelle ils sont inculpés depuis la mi-novembre pour tentative de déstabilisation et atteinte à la sûreté de l’État.
Selon leur avocat, Maître Mountaga Tall, la procédure disciplinaire serait entachée de graves irrégularités : absence de convocations écrites, non-notification des faits reprochés, défaut d’accès aux décisions du conseil d’enquête et violation des droits de la défense. Les requérants affirment qu’aucune faute professionnelle ou disciplinaire n’a été établie, dénonçant une sanction motivée par des considérations étrangères à la discipline militaire.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte particulièrement sensible, marqué par l’arrestation médiatisée de hauts gradés présentés par les autorités comme impliqués dans une tentative de coup d’État, ainsi que par la détention prolongée d’un agent français de la DGSE arrêté simultanément.
Alors que la Cour suprême est désormais appelée à trancher, un nouveau décret de radiation visant le colonel Yaya Alpha Sangaré, détenu depuis mars 2024, est venu raviver les débats sur l’usage du pouvoir disciplinaire au sein de l’armée et sur l’équilibre entre sécurité de l’État et respect des garanties juridiques.
Source: RFI

















