Le Mali a annoncé vendredi la fin de sa reconnaissance de la « République arabe sahraouie démocratique » (RASD), mettant ainsi un terme à une position diplomatique adoptée depuis 1984. Les autorités maliennes ont également exprimé leur soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour résoudre le différend au Sahara occidental.
Lors d’une déclaration officielle à Bamako, le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a expliqué que cette décision s’inscrivait dans une volonté de renforcer les relations « historiques et stratégiques » entre les deux pays.
Le conflit du Sahara occidental oppose depuis 1975 le Maroc au Front Polisario, soutenu par Algérie. Tandis que Rabat contrôle la majeure partie du territoire et le considère comme partie intégrante de son territoire, le Polisario revendique l’indépendance et le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.
Ce différend repose sur des enjeux de souveraineté et de légitimité historique. Le Front Polisario, basé à Tindouf, plaide pour l’organisation d’un référendum, tandis que le Maroc défend une solution d’autonomie sous sa souveraineté.
Les tensions entre l’Algérie et le Maroc, exacerbées par leur soutien à des positions opposées, demeurent vives, notamment depuis la fermeture de leur frontière commune en 1994.
Le chef de la diplomatie malienne a précisé que son pays appuie les efforts des Nations unies, y compris ceux de l’envoyé personnel du Secrétaire général, ainsi que les résolutions du Conseil de sécurité, en particulier la résolution 2797 adoptée en octobre 2025.
Selon Bamako, le plan d’autonomie marocain constitue désormais « la seule base sérieuse et crédible » pour parvenir à une solution durable, jugée également comme « la plus réaliste ».
Cette décision marque un changement significatif dans la politique étrangère du Mali, dans un contexte international où plusieurs États ont progressivement révisé leur position sur la question saharienne.
Présent à Bamako, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a salué une « décision historique », évoquant une tendance internationale favorable à l’initiative marocaine.
Les deux pays ont également mis en avant le renforcement de leur coopération bilatérale, notamment dans les domaines économique, sécuritaire et éducatif. À ce titre, le Maroc a annoncé l’octroi de 300 bourses annuelles aux étudiants maliens et la suppression de certaines restrictions de voyage.
Sur le plan international, la résolution 2797 du Conseil de sécurité consacre le plan d’autonomie marocain comme base principale pour une solution politique, renouvelant en parallèle le mandat de la mission onusienne au Sahara.
Cette évolution s’inscrit dans une dynamique amorcée ces dernières années, notamment avec la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur le Sahara en 2020, suivie par des positions similaires adoptées par Espagne et France.
Toutefois, cette orientation continue de susciter des réactions contrastées. Le Front Polisario reste attaché à l’organisation d’un référendum d’autodétermination, tandis que l’Algérie critique une évolution qu’elle juge contraire aux principes de décolonisation défendus par l’ONU.
Source: AA

















