Les chefs d’État du Mali, du Niger et du Burkina Faso se retrouvent à Bamako du 22 au 23 décembre pour le deuxième sommet de l’Alliance des États du Sahel (AES). Deux ans après la signature de la charte du Liptako-Gourma, ce rendez-vous confirme une trajectoire claire : le divorce avec la CEDEAO est désormais acté, et l’AES s’impose comme un bloc politique, sécuritaire et économique à part entière.
Née d’un pacte de défense collective, l’Alliance se présente comme un outil central dans la lutte contre le terrorisme. En cas d’agression contre l’un de ses membres, les deux autres s’engagent à réagir solidairement. Cette doctrine a été récemment mise à l’épreuve après l’entrée d’un avion militaire nigérian dans l’espace aérien burkinabè, qualifiée par l’AES d’« acte inamical », entraînant une alerte maximale des systèmes de défense de l’Alliance.
Mais au-delà de la sécurité, l’AES accélère sa mutation vers une confédération souveraine. Intégration humaine, documents biométriques communs, coordination diplomatique et surtout autonomie économique figurent désormais au cœur du projet. La création de la Banque confédérale d’investissement et de développement (BCID-AES), dotée de 500 milliards de FCFA, illustre cette volonté de réduire la dépendance aux bailleurs extérieurs.
Cette affirmation souverainiste s’étend aussi aux ressources minières : réforme du code minier au Mali, nationalisation de la Somaïr au Niger, bras de fer avec Orano, et rééquilibrage assumé du rapport de force avec les multinationales. Une orientation qui marque une rupture profonde avec les schémas économiques hérités.
Malgré ces avancées, les défis demeurent immenses. Les tensions avec les pays voisins persistent, tandis que la menace terroriste continue de mobiliser l’essentiel des ressources. À Bamako, l’enjeu est donc clair : consolider l’unité de l’AES, transformer l’ambition souverainiste en résultats concrets, et inscrire durablement cette Alliance dans le paysage géopolitique sahélien.
Source: TRT Africa

















