La région de Tillabéri, à l’ouest du Niger, est devenue en moins d’une décennie l’un des foyers les plus meurtriers du Sahel central, avec près de 1 300 morts en 2025, selon l’observatoire ACLED. Située à la frontière avec le Mali et le Burkina Faso, Tillabéri est confrontée à des attaques régulières de groupes jihadistes affiliés à l’État islamique et à Al-Qaïda (JNIM), tuant, pillant et rançonnant les populations locales.
Malgré la prise de pouvoir de la junte militaire nigérienne en 2023 et ses promesses de contenir la violence, les jihadistes restent libres de circuler et les milices locales d’autodéfense, souvent mal équipées, subissent de lourdes pertes. Les attaques les plus meurtrières ont visé des cérémonies religieuses, des mosquées et des civils, tandis que des symboles de l’État, comme des maires ou des fonctionnaires, sont ciblés, exécutés ou menacés.
Les habitants, soumis à des taxes forcées et à des tribunaux improvisés appliquant la loi islamique, font face à une économie paralysée par les mesures de sécurité : routes sous escorte, interdiction de circuler à moto, marchés fermés. L’armée nigérienne pointe également les sites d’orpaillage illégaux comme une source de financement pour les jihadistes.
Les experts craignent que la violence ne continue en 2026, avec une progression des jihadistes vers le sud et une multiplication des milices locales, tandis que la vie quotidienne dans Tillabéri reste marquée par la peur, l’insécurité et le manque de ressources.
Source: Africanews

















