Une enquête judiciaire sensible ouverte en France vient raviver le conflit stratégique entre Niamey et Orano, autour de l’uranium extrait dans le nord du Niger. Confirmée par le parquet de Paris, cette procédure confiée à la DGSI fait suite à une plainte déposée par le groupe français, qui évoque une possible disparition frauduleuse de cargaisons issues de la SOMAÏR.
Mais au Niger, la version est radicalement opposée. Les autorités assument ouvertement la commercialisation de l’uranium, qu’elles présentent comme un acte de souveraineté nationale. À la télévision nationale, le président Abdourahamane Tiani a affirmé que le pays vend « sa propre production » sur le marché international, en toute légalité et indépendance.
Au cœur de la discorde : la nationalisation de la SOMAÏR, décidée en juin 2025. Pour Niamey, cette décision répond à des années de déséquilibres, de blocages opérationnels et de pratiques jugées déloyales de la part d’Orano, accusé d’avoir capté l’essentiel de la production d’uranium au détriment de la partie nigérienne.
Orano, de son côté, s’appuie sur un arbitrage international pour contester toute vente ou transport d’uranium, dénonçant une violation de ses droits. Deux lectures irréconciliables s’affrontent donc : vente souveraine contre appropriation illégale.
Au-delà du contentieux judiciaire, l’affaire illustre la rupture profonde entre le Niger et la France, sur fond de contrôle des ressources stratégiques, de fin de partenariats hérités du passé et de recomposition géopolitique du secteur nucléaire africain. Un conflit appelé à durer, dont l’issue pourrait redéfinir durablement les rapports de force autour de l’uranium sahélien.
Source: ActuNiger

















