Devant l’ambassade des États-Unis à La Havane, des écoliers en uniforme ont assisté à une cérémonie de protestation, brandissant des pancartes hostiles aux actions américaines et scandant des slogans tels que « À bas l’impérialisme ». Une scène symbolique d’un malaise plus profond qui traverse aujourd’hui Cuba.
L’arrestation, samedi, du président vénézuélien Nicolás Maduro a provoqué un choc dans l’île, privée brutalement de son principal allié régional. Pour de nombreux Cubains, cette perte alimente la crainte d’un avenir encore plus incertain, tant sur le plan économique que politique.
« Je ne peux pas parler. Je n’ai pas de mots », confie en larmes Berta Luz Sierra Molina, 75 ans. À ses côtés, Regina Méndez, 63 ans, affiche une détermination farouche : « Je suis trop vieille, mais il faut rester forts. Donnez-moi un fusil, j’irai me battre. »
L’analyste politique et ancien diplomate Carlos Alzugaray estime que l’absence de soutien vénézuélien représente une « menace existentielle » pour Cuba. Il dit toutefois attendre une réaction d’autres puissances alliées de l’île, notamment Chine et Russie.
Du côté de Washington, l’administration de Donald Trump considère la chute du pouvoir vénézuélien comme un moyen d’affaiblir Cuba, un objectif poursuivi de longue date par les faucons américains. Les autorités cubaines, elles, ont appelé la communauté internationale à dénoncer ce qu’elles qualifient de « terrorisme d’État ».
Aucune précision officielle n’a été donnée sur les circonstances exactes de la mort de 32 ressortissants cubains, confirmée durant le week-end. En attendant, la vie quotidienne se poursuit à La Havane, rythmée par les pénuries alimentaires, les files d’attente interminables, les difficultés de transport et les coupures d’électricité récurrentes, sur fond d’angoisse géopolitique croissante.
Source: Africa News

















