Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud replonge dans l’instabilité après l’effritement de l’accord de partage du pouvoir conclu en 2018 entre le président Salva Kiir et son rival devenu vice-président Riek Machar.
Selon l’ONU, les affrontements récents dans l’État de Jonglei ont déplacé environ 280 000 personnes depuis décembre. À Akobo, l’hôpital local, presque dépourvu d’infrastructures, ne compte qu’un seul chirurgien pour soigner des dizaines de blessés par balle. Les structures médicales, déjà fragiles, sont submergées par l’afflux massif de déplacés.
La situation humanitaire s’aggrave : plus de la moitié des personnes déplacées sont des enfants, indique l’UNICEF. Près de 825 000 personnes dans les États de Jonglei, Unity et Eastern Equatoria sont menacées de malnutrition aiguë. Des camps informels émergent le long du Nil Blanc, où des familles survivent sans assistance, certaines ayant fui pour la troisième fois en une décennie.
À Bor, les stocks médicaux s’épuisent rapidement. Le directeur par intérim de l’hôpital local alerte sur un risque imminent de pénuries critiques, tandis que des ONG comme Médecins sans frontières ont vu leurs installations attaquées et détruites ces derniers mois.
Classé parmi les pays les plus corrompus au monde par Transparency International, le Soudan du Sud dépend à 80–90 % de l’aide internationale pour son système de santé. La Banque mondiale estime que 70 % des enfants ne sont pas scolarisés, laissant entrevoir une génération privée de perspectives.
Dans les camps de déplacés, des milliers d’enfants attendent un accès à l’éducation d’urgence et à un soutien psychosocial. Mais pour beaucoup de familles, la priorité immédiate reste la survie : trouver de quoi se nourrir dans un pays à nouveau piégé par la guerre.
Source: AfricaNews

















