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France : l’Intérieur teste l’IA pour gérer le contentieux des étrangers

Avec le projet « Astrée », le ministère de l’Intérieur prévoit d’introduire l’intelligence artificielle dans le traitement des recours liés aux OQTF et aux titres de séjour, afin de désengorger les préfectures, malgré de vives inquiétudes sur les risques juridiques et humains.

Newstimehub

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30 Avr, 2026

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Le ministère de l’Intérieur envisage d’expérimenter un outil d’intelligence artificielle baptisé « Astrée » pour améliorer la gestion du contentieux des étrangers, en forte hausse ces dernières années. Ce dispositif vise à assister les préfectures dans le traitement des recours liés notamment aux obligations de quitter le territoire français (OQTF) et aux refus de titres de séjour.

Une phase pilote est prévue dans plusieurs départements, dont la Seine-Saint-Denis, les Bouches-du-Rhône et l’Ille-et-Vilaine, avec une possible extension à d’autres territoires comme Paris ou la Guyane. L’objectif principal est d’automatiser certaines tâches administratives, telles que l’analyse de dossiers et la rédaction de documents juridiques, afin de réduire la charge de travail des services.

Ce projet intervient dans un contexte où le contentieux représente une part écrasante des litiges traités par le ministère, atteignant environ 91 %, avec une augmentation significative sur les dernières années. Le calendrier prévoit une éventuelle mise en œuvre à partir de fin 2026 ou début 2027.

Cependant, cette initiative suscite des préoccupations parmi les professionnels du droit et au sein de l’administration. Des critiques portent sur les risques d’erreurs, le manque de transparence algorithmique et la possible déshumanisation de décisions touchant à des situations individuelles sensibles. Certains craignent également que l’automatisation ne génère davantage de recours, en accentuant les failles existantes du système.

SOURCE: AA