Afrique

États-Unis: Un Néerlandais arrêté pour trafic présumé d’échantillons de mpox en provenance de la RDC

Le virologue néerlandais Vincent Munster et son collègue camerounais Claude Kwe sont accusés d’avoir tenté de faire entrer sur le territoire américain des flacons contenant du virus mpox inactivé, sans les déclarer aux services douaniers.

Newstimehub

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3 Juin, 2026

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Un virologue néerlandais de renom travaillant pour les autorités sanitaires américaines a été arrêté aux États-Unis et inculpé pour avoir introduit illégalement des échantillons biologiques liés au mpox (anciennement appelé variole du singe) en provenance d’Afrique centrale.

Selon les autorités fédérales américaines, le chercheur néerlandais Vincent Munster, 53 ans, et son collègue camerounais Claude Kwe, 38 ans, sont accusés d’avoir tenté de faire entrer sur le territoire américain des flacons contenant du virus mpox inactivé, ainsi que d’autres matériaux biologiques, sans les déclarer aux services douaniers.

Selon AP, les deux scientifiques travaillaient au laboratoire de haute sécurité Rocky Mountain Laboratories, un centre de recherche relevant des Instituts nationaux de la santé des États-Unis (NIH). Ils revenaient d’une mission de neuf jours en République du Congo lorsqu’ils ont été contrôlés en janvier dernier à l’aéroport métropolitain de Detroit, renseigne la même source.

D’après les documents judiciaires rendus publics, les agents fédéraux ont découvert 113 flacons transportés dans des conteneurs isothermes. Des analyses ont révélé que 17 d’entre eux contenaient du virus mpox inactivé, un autre contenait le virus de la varicelle et deux renfermaient de l’ADN humain. Les enquêteurs affirment que les chercheurs avaient déclaré transporter uniquement du matériel de diagnostic et de test, rapporte le site de People.

Le ministère américain de la Justice estime que les deux hommes ont enfreint les règles strictes encadrant l’importation de matériels biologiques. Les procureurs les poursuivent notamment pour contrebande et fausses déclarations aux autorités fédérales. En cas de condamnation, ils risquent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.

Infraction grave en matière de biosécurité

L’affaire a suscité une vive réaction des autorités américaines. Le procureur fédéral du district oriental du Michigan, Jerome Gorgon Jr., a dénoncé l’introduction clandestine d’agents pathogènes à bord d’un vol commercial en provenance d’une région touchée par une épidémie de mpox. De son côté, le FBI a souligné qu’aucun chercheur ne se trouvait au-dessus des lois, quelles que soient ses qualifications scientifiques.

Aux Pays-Bas, plusieurs médias ont largement relayé l’arrestation de Vincent Munster, figure reconnue de la recherche sur les virus émergents. Les autorités néerlandaises n’ont pas encore annoncé l’ouverture d’une enquête nationale, mais l’affaire fait grand bruit dans la communauté scientifique en raison du profil du chercheur et de son expérience dans l’étude du mpox et d’autres agents pathogènes dangereux.

Les autorités américaines ont précisé que le virus transporté était « inactivé », ce qui signifie qu’il ne pouvait ni se multiplier ni provoquer une infection. Néanmoins, elles considèrent que le non-respect des procédures de déclaration et d’autorisation constitue une infraction grave en matière de biosécurité.

Cette affaire intervient alors que le mpox demeure sous surveillance internationale après plusieurs vagues épidémiques en Afrique centrale et ailleurs dans le monde. Le virus a été identifié pour la première fois chez l’être humain en République démocratique du Congo, pays qui a enregistré ces dernières années un nombre important de cas.