Mercredi soir à Ouagadougou, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées pour une « nuit de la RPP », organisée à l’initiative du gouvernement pour célébrer l’anniversaire du coup d’État de septembre 2022.
Sur la place de la Révolution comme dans plusieurs régions du pays, chants, prestations artistiques et discours de soutien au gouvernement ont rythmé la soirée, retransmise en direct par la télévision nationale. Des participants brandissaient des portraits du président Traoré, tandis que le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo saluait une « mobilisation historique » de Burkinabè présentés comme des « révolutionnaires convaincus ».
À 38 ans, Ibrahim Traoré revendique un changement de cap profond pour le Burkina Faso : souveraineté politique, rupture avec l’ancienne puissance coloniale française et reprise en main des ressources nationales. Le pouvoir met notamment en avant les initiatives visant à transformer localement les matières premières, comme l’illustre l’inauguration récente d’une raffinerie d’or.
Sécurité : la promesse face à l’épreuve du terrain
En septembre 2022, Traoré avait promis de reprendre rapidement le contrôle d’un pays confronté depuis 2015 au terrorisme. Quatre ans plus tard, son gouvernement revendique des avancées militaires et la reconquête de certaines zones, mais les attaques se poursuivent, notamment dans le nord du pays.
Pour le pouvoir burkinabè, la lutte contre le terrorisme reste indissociable de la défense de la souveraineté nationale. Le Premier ministre a ainsi affirmé mercredi que le Burkina Faso, autrefois « piétiné dans sa dignité », était désormais « debout ».
De la rupture avec Paris à l’affirmation de souveraineté
Le changement de cap s’est également traduit par la rupture avec la France, accusée par les autorités burkinabè de soutenir les groupes terroristes.
Cette ligne souverainiste s’accompagne d’un discours de plus en plus ferme contre les ingérences étrangères. Dans une interview dimanche, Ibrahim Traoré est même allé jusqu’à évoquer l’application de la peine de mort contre des « espions » étrangers identifiés sur le territoire, affirmant que « le sentimentalisme, c’est fini ».
Quatre ans après le coup d’État de septembre 2022, le Burkina Faso de Traoré se présente donc comme un pays engagé dans une transformation politique, sécuritaire et économique profonde : une trajectoire fondée sur la souveraineté et la rupture avec certains partenaires historiques, mais qui reste confrontée à un défi central — traduire cette nouvelle doctrine en résultats durables face à l’insécurité.



















