La cour d’assises de Paris a condamné Roger Lumbala Tshitenga pour complicité de crimes contre l’humanité, pour des exactions commises entre 2002 et 2003 dans l’est de la République démocratique du Congo par les combattants de sa faction armée, le Rassemblement des Congolais démocrates-National (RCD-N).
Les crimes, perpétrés dans le cadre de l’opération baptisée « Effacer le tableau », ont visé notamment les communautés nande et pygmées bambuti, victimes de massacres, de viols, d’actes de torture, de pillages et de réduction en esclavage, y compris l’esclavage sexuel. La cour a estimé que Roger Lumbala avait apporté un soutien politique et logistique déterminant à ces crimes.
Cette condamnation marque un tournant judiciaire majeur : la France a exercé sa compétence universelle pour juger des crimes contre l’humanité commis hors de son territoire, une première mondiale saluée par plusieurs organisations de défense des droits humains.
Arrêté à Paris en janvier 2021, Roger Lumbala a toujours contesté la légitimité de la justice française à le juger. Il était toutefois présent lors du verdict final.
Après la guerre, l’homme avait poursuivi une carrière politique en RDC, devenant ministre du Commerce (2003-2005), député, puis candidat à l’élection présidentielle de 2006. L’un de ses anciens alliés durant le conflit, Jean-Pierre Bemba, occupe aujourd’hui le poste de vice-Premier ministre chargé des Transports.
Ce verdict envoie un signal fort : les crimes les plus graves ne prescrivent pas, et leurs auteurs ou complices peuvent être jugés, même des années plus tard, au nom de la justice internationale.
Source: AfricaNews


















