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Erdogan appelle à réformer le Conseil de sécurité de l’ONU et à abolir le droit de veto

Le président turc a plaidé pour un Conseil de sécurité sans membres permanents, dont les représentants seraient élus pour des mandats déterminés par l’Assemblée générale des Nations unies.

Newstimehub

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22 Sep, 2026

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé à une réforme complète du Conseil de sécurité de l’ONU, comprenant la suppression du droit de veto de ses membres permanents, estimant que le système international devait mieux refléter les réalités mondiales actuelles.

Dans une tribune publiée par Bloomberg sous le titre « La quête de justice mondiale dans un monde en mutation », Recep Tayyip Erdogan a affirmé que les crises récentes, pandémies, chocs énergétiques, perturbations des chaînes d’approvisionnement et conflits régionaux, avaient montré les limites d’un système laissant les réponses aux défis mondiaux aux décisions de quelques capitales.

Soulignant que les mécanismes mondiaux de décision devaient s’adapter aux conditions actuelles, il a rappelé que le Conseil de sécurité continuait de refléter l’organisation instaurée après la Seconde Guerre mondiale.

Recep Tayyip Erdogan a plaidé pour un système de représentation « plus efficace, plus juste et plus responsable », ainsi que pour une participation élargie aux décisions mondiales.

Selon lui, l’affirmation de la Türkiye selon laquelle « le monde est plus grand que cinq » doit être comprise comme un appel à une répartition plus large des responsabilités au sein du système international.

Le dirigeant turc défend depuis plusieurs années une réforme de l’ONU en utilisant ce slogan, qui fait référence à la composition jugée non représentative du Conseil de sécurité.

L’institution fait depuis longtemps l’objet de critiques concernant l’influence disproportionnée de ses cinq membres permanents dotés du droit de veto : les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie et la Chine.

« Il est essentiel de transformer le besoin de réforme en une feuille de route concrète. Au centre de cette feuille de route doit figurer l’abolition du privilège du veto », a déclaré Recep Tayyip Erdogan.

Il a estimé que l’ajout de nouveaux membres permanents ne suffirait pas à remédier à la concentration du pouvoir décisionnel entre les mains d’un petit nombre de pays.

La réforme devrait plutôt reposer sur le principe qu’aucun État ne doit disposer de la capacité permanente de bloquer la volonté de la majorité de la communauté internationale, a-t-il ajouté.

Un rôle accru pour l’Assemblée générale

Recep Tayyip Erdogan a également appelé à établir un nouvel équilibre entre le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale de l’ONU.

Il a proposé de renforcer les pouvoirs de l’Assemblée générale et de créer un Conseil de sécurité dépourvu de membres permanents, dont les représentants seraient élus par l’Assemblée pour des mandats déterminés.

Selon ce modèle, les pays souhaitant obtenir un nouveau mandat devraient regagner, par une élection, la confiance de la majorité des membres de l’Assemblée générale.

« La représentativité du Conseil de sécurité et sa responsabilité devant l’Assemblée générale doivent être renforcées », a-t-il déclaré.

Le président turc a estimé que l’ordre international de demain ne pouvait être construit en préservant les hiérarchies du passé.

« Les évolutions des vingt-cinq dernières années, une période relativement courte dans l’histoire de l’humanité, ont montré qu’aucun équilibre des pouvoirs et aucun ordre international ne sont permanents », a-t-il affirmé.

Selon lui, de nouveaux centres de pouvoir sont apparus dans des domaines allant de l’économie et de la sécurité à la technologie et à la diplomatie, tandis que les institutions internationales n’ont pas évolué au même rythme.

Les guerres, la crise climatique, les migrations irrégulières et les vulnérabilités économiques ont mis en évidence l’importance d’institutions solides, d’économies résilientes et de capacités de défense efficaces, a-t-il ajouté.

Recep Tayyip Erdogan a également souligné l’importance croissante de corridors commerciaux, logistiques, énergétiques et de transport sûrs et durables.

Il a affirmé que le poids économique de l’Asie augmentait, tandis que les pays africains réclamaient une représentation plus forte, à la hauteur du potentiel du continent.

Pour davantage d’équité dans l’économie mondiale

Le président turc a également déclaré que les pays en développement exprimaient de plus en plus leurs propres priorités, estimant que les problèmes régionaux ne pouvaient pas toujours être résolus par des méthodes déterminées de l’extérieur.

« Les approches fondées sur la volonté des pays concernés, les conditions locales et les intérêts communs produiront des résultats plus durables et plus stables », a-t-il déclaré.

Il a appelé les pays disposant de capacités diplomatiques, de ressources économiques et de la faculté de dialoguer avec différentes parties à jouer « un rôle plus actif » en faveur de la paix et de la stabilité.

Recep Tayyip Erdogan a également évoqué les inégalités économiques, estimant que les espoirs de voir la mondialisation répartir largement la prospérité ne s’étaient pas entièrement concrétisés.

Selon lui, les écarts de revenus se sont creusés, tandis que les dépendances technologiques et économiques sont devenues de nouveaux terrains de concurrence.

« Pour que la justice mondiale puisse être réalisée dans ce contexte en mutation, les responsabilités doivent être équitablement partagées », a-t-il déclaré, ajoutant que le droit au développement des pays émergents et leur accès aux financements nécessaires devaient être garantis.

Il a également estimé que le système international devait mieux tenir compte de l’évolution des réalités économiques et politiques dans les différentes régions.

Le président turc a assuré que la Türkiye continuerait de s’appuyer sur l’étendue de ses relations internationales et son expérience de la diplomatie multilatérale pour soutenir les efforts de réforme du système international.

« Nous soutenons les efforts visant à abolir le privilège du veto, à accorder davantage de poids aux membres élus dans les processus décisionnels et à renforcer le rôle de l’Assemblée générale », a-t-il déclaré.

Selon lui, la coopération entre des pays de différentes régions autour de principes communs renforcerait la légitimité et la représentativité du système international.

« Une paix durable dans le monde actuel ne peut être obtenue en multipliant les blocs déconnectés les uns des autres et qui ne dialoguent pas entre eux », a-t-il affirmé.

« Pour un monde plus juste, nous devons rassembler sur un terrain commun l’expérience, les capacités et la volonté des différentes régions. » Recep Tayyip Erdogan a assuré que la Türkiye continuerait d’assumer ses responsabilités dans les efforts de réforme du système international, en s’appuyant sur sa tradition étatique, ses capacités diplomatiques et ses relations avec différentes régions.