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Explosion des deepfakes : l’Afrique entre dans l’ère d’une fraude numérique ultra-sophistiquée

Une hausse record des attaques par IA — +967 % en Zambie et +367 % en RDC — marque un tournant inquiétant dans la cybercriminalité africaine.

Newstimehub

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2 Déc, 2025

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L’Afrique fait face à une mutation sans précédent de la cybercriminalité, marquée par une montée fulgurante des fraudes basées sur l’intelligence artificielle. Selon le rapport Sumsub Identity Fraud 2025–2026, les attaques impliquant des deepfakes ont bondi de 967 % en Zambie et de 367 % en République démocratique du Congo, illustrant une transition vers des méthodes de fraude hautement sophistiquées.

Alors que mobile money, fintech et services publics numériques se développent, les fraudeurs abandonnent les arnaques basiques pour des opérations complexes : identités synthétiques, clones vocaux, contournement des tests de “liveness” et chaînes d’attaques automatisées. Une tendance que Sumsub qualifie de « Sophistication Shift », marquant un changement structurel dans la manière dont les attaques sont menées sur le continent.

Malawi (+325 %), Tanzanie (+317 %) et Kenya — où les deepfakes représentent désormais près de 10 % des tentatives de fraude — enregistrent également des hausses alarmantes. Près d’un Africain sur cinq déclare avoir été ciblé par une attaque utilisant de fausses images ou vidéos, et un quart des sondés admet ne pas pouvoir distinguer le vrai du faux.

Si certains pays montrent des progrès, comme le Nigeria où la fraude globale a reculé de 54 % grâce au durcissement des mesures d’identification, la menace continue de se complexifier. L’Afrique du Sud, par exemple, malgré de meilleurs systèmes de détection, a vu les deepfakes augmenter de 269 %.

Phishing et ingénierie sociale demeurent les techniques les plus répandues, conduisant à des vols financiers ou des prises de contrôle de comptes. Les entreprises, elles, constatent une hausse du nombre d’attaques organisées et alimentées par l’IA.

Le rapport prévoit qu’en 2026, l’émergence d’agents frauduleux autonomes capables d’usurper des identités et d’exécuter des attaques à grande échelle deviendra une réalité. Une évolution qui transformera la vérification d’identité, désormais appelée à authentifier non seulement les utilisateurs, mais aussi les assistants numériques censés agir pour eux.