La République démocratique du Congo (RDC) a interdit les exportations de concentrés de cuivre et de concentrés de cobalt, renforçant ainsi sa stratégie visant à imposer la transformation locale des minerais et à conserver une plus grande part de la valeur ajoutée de ses ressources minières, selon un arrêté gouvernemental consulté par Reuters jeudi.
Après les premières informations de Reuters sur cette décision, le cuivre à trois mois coté au London Metal Exchange (LME) a bondi jusqu’à 1,8 %, atteignant 14 369,50 dollars la tonne, son plus haut niveau depuis le 29 janvier, date à laquelle il avait inscrit un record historique à 14 527,50 dollars la tonne. À 9h30 GMT, il s’échangeait autour de 14 300 dollars.
Premier producteur mondial de cobalt et acteur majeur dans l’approvisionnement en minerais essentiels à la transition énergétique, notamment le cuivre, la RDC cherche à tirer davantage profit de ses richesses minières en développant ses capacités nationales de transformation.
L’arrêté, daté du 29 juin et signé par le ministre des Mines Louis Kabamba Watum, le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku Kahongya et le ministre de l’Économie Daniel Mukoko Samba, stipule que « l’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt est interdite ».
La mesure entre en vigueur immédiatement. Toutefois, des dérogations d’exportation d’une durée d’un an pourront être accordées dans des circonstances stratégiques, sans plus de précisions.
Le texte instaure également un nouveau régime fiscal applicable aux sous-produits miniers présentant un intérêt économique, avec une période transitoire de trois mois.
La RDC mise sur la transformation locale
Selon l’arrêté, cette interdiction répond à « la nécessité d’encourager les opérateurs miniers à commercialiser ou exporter des produits miniers marchands à forte valeur ajoutée ».
La RDC avait déjà imposé des interdictions similaires sur les exportations de concentrés de cuivre et de cobalt en 2013, 2019 et 2023, tout en accordant des dérogations lorsque les capacités nationales de fusion ou de raffinage étaient insuffisantes.
Le nouvel arrêté abroge celui de 2023 ainsi que les exemptions qui y étaient prévues, et met en place un cadre plus large encadrant les exportations de minerais et la fiscalité des sous-produits miniers à forte valeur économique.
La RDC exporte principalement son cuivre sous forme de métal raffiné. Au premier trimestre 2026, le pays a exporté 696 725 tonnes de cathodes de cuivre, contre 53 926 tonnes de concentrés de cuivre, contenant 18 863 tonnes de cuivre métal, selon les données officielles.
Sur la même période, le pays a également exporté 51 940 tonnes d’hydroxydes de cobalt, représentant 17 054 tonnes de cobalt métal.
Enfin, le nouveau régime fiscal couvre un large éventail de minerais. Il prévoit que les taxes sur les sous-produits miniers s’appliqueront aux minéraux présents à l’état de traces ou d’ultra-traces récupérés lors du raffinage, sur la base d’un coefficient de valorisation de 55 %, en plus des redevances déjà perçues sur le minerai principal.



















