Le président malien Assimi Goïta a accordé une grâce à Yann Vezilier, un agent du renseignement français condamné en juin à 20 ans de prison pour son implication présumée dans un projet de déstabilisation du Mali, selon un communiqué officiel publié jeudi.
Bamako accusait Yann Vezilier d’avoir participé, l’an dernier, à une tentative de déstabilisation du pays pour le compte des services de renseignement français. Paris avait rejeté ces accusations, affirmant que le Français effectuait une mission de coopération en matière de sécurité.
Selon les autorités maliennes, la grâce présidentielle ne remet toutefois pas en cause les faits retenus lors de sa condamnation. Bamako affirme également que le procès s’est déroulé de manière équitable. Yann Vezilier devra quitter immédiatement le territoire malien.
Cette décision intervient dans un contexte de relations fortement dégradées entre le Mali et la France depuis l’arrivée au pouvoir des militaires en 2020 et 2021. Bamako a rompu sa coopération militaire avec Paris et s’est rapproché notamment de la Russie.
82 soldats maliens libérés
Dans un autre dossier, distinct de celui du ressortissant français, l’armée malienne a annoncé jeudi la libération de 82 de ses soldats, détenus après des attaques menées le 25 avril par des groupes terroristes liés au JNIM et par le FLA, un groupe séparatiste touareg.
Ces attaques avaient notamment visé le principal aéroport du pays et fait plusieurs victimes, dont le ministre de la Défense, Sadio Camara.
L’armée malienne affirme que les 82 militaires étaient retenus en otages par des « groupes terroristes armés affiliés à la coalition JNIM-FLA ». Le FLA a également revendiqué leur libération, tout en affirmant que les soldats avaient été capturés lors de différents affrontements entre 2023 et 2026, une version qui diffère de celle de l’armée sur les circonstances de leur capture.
Deux événements, un même contexte de tensions
La grâce accordée à Yann Vezilier et la libération des 82 militaires sont deux événements distincts, mais ils interviennent dans un contexte sécuritaire et diplomatique particulièrement tendu au Mali.
D’un côté, l’affaire Vezilier illustre la profondeur de la rupture entre Bamako et Paris, désormais accusé par les autorités maliennes d’ingérence et de tentative de déstabilisation. De l’autre, la libération des soldats met en lumière la pression croissante exercée par les groupes terroristes sur l’armée malienne.


















