La partie orientale du Tchad fait actuellement face à une situation sanitaire préoccupante, marquée par la circulation simultanée de la méningite et de la rougeole. L’ONG médicale Médecins Sans Frontières (MSF) a alerté jeudi sur cette double épidémie, dans un contexte d’arrivée continue de réfugiés en provenance du Soudan.
Depuis le début de la guerre civile soudanaise en avril 2023 entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (RSF), des millions de personnes ont été déplacées, dont près d’un million ont trouvé refuge au Tchad selon les Nations unies. Cette pression migratoire accentue les risques sanitaires dans les zones frontalières.
MSF explique que les épidémies déjà présentes au Soudan, notamment la rougeole et la méningite, contribuent à la propagation des maladies dans l’est tchadien. Les conditions de vie dans les camps aggravent la situation : surpopulation, manque d’eau potable, accès limité aux soins et malnutrition favorisent la transmission rapide des infections, surtout chez les jeunes enfants.
Dans la localité d’Adre, proche de la frontière, les cas de rougeole ont fortement augmenté en quelques mois, passant de quelques dizaines à plusieurs centaines. Les infections à méningite connaissent également une progression rapide, saturant les capacités médicales locales.
Les équipes de MSF rapportent une hausse des cas graves nécessitant une hospitalisation urgente, notamment chez les enfants atteints de complications respiratoires. Les structures de santé fonctionnent à pleine capacité, rendant difficile la prise en charge d’autres maladies.
En réponse, les autorités sanitaires tchadiennes, avec l’appui de MSF, ont lancé des campagnes de vaccination d’urgence touchant des centaines de milliers d’enfants et de personnes à risque. Toutefois, des problèmes logistiques, notamment liés à la conservation des vaccins, ainsi que des lacunes dans la couverture vaccinale, limitent l’efficacité de ces efforts.
MSF avertit que sans un renforcement durable de la vaccination de routine, les interventions ponctuelles resteront insuffisantes face à la propagation des maladies.
Enfin, la porosité de la frontière entre le Tchad et le Soudan, longue et difficile à contrôler, complique encore davantage la gestion de cette crise sanitaire.
Source: Africanews
















