Un nouveau vol de déportation en provenance des États-Unis a atterri à Yaoundé, capitale du Cameroun, accueillant des migrants qui ne seraient ni camerounais ni liés au pays, selon leurs avocats. Cette opération s’inscrit dans la politique migratoire renforcée de l’administration de Donald Trump.
Selon des informations relayées par l’Associated Press, un premier groupe de neuf personnes originaires notamment du Zimbabwe, du Maroc et du Ghana avait déjà été transféré discrètement. Les avocats Alma David et Joseph Awah Fru affirment que ces expulsions violent des décisions judiciaires américaines leur accordant une protection contre l’éloignement.
Accords confidentiels et financements
Le Cameroun rejoint ainsi d’autres pays africains Soudan du Sud, Rwanda, Ghana, Ouganda, Eswatini ou Guinée équatoriale ayant accueilli des migrants expulsés qui ne sont pas leurs ressortissants. Ces transferts s’effectueraient dans le cadre d’accords bilatéraux controversés, parfois confidentiels, accompagnés de compensations financières.
Un rapport du Sénat américain évoque au moins 40 millions de dollars dépensés pour déporter environ 300 migrants vers des pays tiers. Le département d’État a notamment indiqué qu’Eswatini pourrait recevoir plus de 5 millions de dollars pour accueillir jusqu’à 160 personnes.
Vives critiques
Washington affirme appliquer la législation migratoire, mais des défenseurs des droits humains dénoncent des violations de procédure et des risques pour les personnes concernées. Dans les pays d’accueil, des inquiétudes émergent également quant à la présence potentielle de déportés condamnés pour des crimes graves.
Ces opérations soulèvent ainsi des interrogations sur la transparence des accords conclus et sur leurs implications juridiques et humanitaires.
Source: TRT World

















