Des journalistes tunisiens ont manifesté à Tunis pour réclamer la libération de leur confrère Mourad Zeghidi, détenu depuis plus de 700 jours. Cette mobilisation intervient alors que son procès doit reprendre dans un climat marqué par des inquiétudes croissantes concernant la liberté d’expression dans le pays.
Initialement condamné en 2024 pour une publication sur les réseaux sociaux en soutien à un autre journaliste, Mohamed Boughaleb, il est resté en détention malgré l’exécution de sa peine, en raison de nouvelles accusations liées au blanchiment d’argent. En janvier 2026, il a été condamné à trois ans de prison dans cette affaire, ainsi qu’à une peine supplémentaire pour des infractions fiscales.
Ses soutiens dénoncent une instrumentalisation du système judiciaire visant à maintenir en détention des voix critiques. Le président du Syndicat national des journalistes tunisiens, Zied Dabbar, souligne l’accumulation de poursuites qui prolongent son incarcération.
Plus largement, cette affaire est perçue par plusieurs acteurs politiques et organisations internationales comme révélatrice d’un recul des libertés publiques en Tunisie depuis l’arrivée au pouvoir de Kaïs Saïed. Des ONG, dont Reporters sans frontières, alertent sur une dégradation de la liberté de la presse.
Le journaliste doit comparaître prochainement aux côtés de Borhen Bsaies, également poursuivi. Pour leurs partisans, ces procédures judiciaires s’inscrivent dans une stratégie visant à dissuader les médias indépendants et à restreindre l’expression critique.
Source: Africanews

















