Le Mali et le Burkina Faso ont décidé de répondre par la réciprocité à la récente suspension de l’admission de leurs ressortissants sur le sol américain. À Bamako, le ministère des Affaires étrangères dit « prendre acte » de la décision de États-Unis, tout en regrettant une mesure adoptée « sans concertation préalable » et fondée sur un argument sécuritaire jugé déconnecté des réalités du terrain. En conséquence, des conditions d’entrée équivalentes sont désormais appliquées aux citoyens américains.
À Ouagadougou, le gouvernement burkinabè a emboîté le pas, invoquant le « principe de réciprocité » et le « respect mutuel » entre États souverains. Le chef de la diplomatie, Karamoko Jean Marie Traoré, a toutefois souligné que son pays restait disposé à une coopération fondée sur des intérêts partagés et le respect de la souveraineté.
La décision américaine découle d’une proclamation signée par le président Donald Trump, instaurant une suspension quasi totale des admissions pour les ressortissants des pays concernés, à l’exception de certains profils (résidents permanents légaux, détenteurs de visas valides, diplomates, athlètes ou personnes jugées utiles aux intérêts nationaux). Washington évoque des insuffisances dans les procédures de contrôle, sans préciser les États de l’Alliance des États du Sahel explicitement visés.
Cet épisode s’inscrit dans un durcissement plus large des politiques de visas américaines envers plusieurs pays africains, après l’instauration, en octobre, de cautions élevées pour certaines demandes. En misant sur la réciprocité, Bamako et Ouagadougou entendent rappeler leur attachement à des partenariats équilibrés, tout en laissant la porte ouverte à une désescalade diplomatique.
Source: ActuNiger

















