Afrique

Zambie : une présidentielle aux enjeux économiques et miniers majeurs

La Zambie est l’un des principaux producteurs mondiaux de cuivre et possède d’importantes réserves de cuivre et de cobalt, deux minerais stratégiques pour les véhicules électriques, l’électronique et les technologies de la transition énergétique.

Newstimehub

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12 Août, 2026

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La Zambie vote jeudi pour choisir son président, ses députés et ses élus locaux. Au-delà du duel politique, ce scrutin est crucial pour l’avenir économique d’un pays riche en cuivre et en cobalt, qui tente de tourner la page d’une grave crise de la dette.

Environ 8 millions d’électeurs sont appelés aux urnes. Le président sortant Hakainde Hichilema, élu en 2021 après cinq défaites électorales, brigue un second mandat de cinq ans. Face à lui, 13 autres candidats, dont Brian Mundubile, chef de l’opposition Tonse Alliance, présenté comme son principal rival.

À 64 ans, Hichilema défend son bilan économique. Sous sa présidence, la Zambie a restructuré plus de 12 milliards de dollars de dette envers des États et des créanciers privés. L’inflation a également reculé et le kwacha s’est stabilisé.

Mais ces résultats macroéconomiques peinent à convaincre une grande partie de la population. Le coût de l’alimentation et de l’énergie reste élevé, tandis que le chômage et les difficultés sociales alimentent les critiques. L’économiste Trevor Hambayi estime que les bénéfices de la reprise ne se sont pas encore suffisamment répercutés sur les Zambiens.

Hichilema promet donc de poursuivre son programme avec davantage d’investissements dans les écoles, les infrastructures de santé, les routes et la création d’emplois.

Le cuivre au cœur de la bataille

L’autre enjeu majeur est le secteur minier. La Zambie est l’un des principaux producteurs mondiaux de cuivre et possède d’importantes réserves de cuivre et de cobalt, deux minerais stratégiques pour les véhicules électriques, l’électronique et les technologies de la transition énergétique.

Hichilema ambitionne de faire passer la production nationale de cuivre à 3 millions de tonnes par an d’ici 2031, soit plus du triple des niveaux actuels. Un objectif qui pourrait propulser la Zambie parmi les tout premiers producteurs mondiaux.

Cette richesse minière attise également les convoitises internationales. La Chine est le premier investisseur étranger en Zambie, notamment dans le cuivre et le cobalt. Les États-Unis cherchent eux aussi à renforcer leur présence dans ce secteur stratégique.

Une élection sur fond de tensions politiques

Le scrutin se déroule toutefois dans un climat politique plus tendu. L’opposition accuse le gouvernement de limiter l’espace démocratique. Mardi, la Tonse Alliance a notamment dénoncé une perquisition de ses bureaux, au cours de laquelle des véhicules et du matériel de communication ont été saisis.

La présidentielle ravive également les tensions entre Hichilema et les partisans de son prédécesseur Edgar Lungu, mort en Afrique du Sud en juin 2025. Une bataille judiciaire et politique s’est prolongée pendant près d’un an autour du lieu et des conditions de ses funérailles.

Un vote décisif pour l’avenir du pays

La Zambie, indépendante depuis 1964, a longtemps été considérée comme l’une des démocraties les plus stables d’Afrique australe. Son prochain président devra désormais relever un triple défi : consolider la reprise économique, faire profiter davantage la population de la richesse minière et préserver les acquis démocratiques du pays.

Le président devra obtenir plus de 50 % des suffrages pour être élu dès le premier tour. À défaut, un second tour sera organisé.

Pour Hichilema, l’enjeu est donc clair : convaincre les Zambiens que les sacrifices consentis pendant la crise de la dette commencent enfin à produire des résultats concrets. Pour l’opposition, le scrutin représente une occasion de sanctionner un bilan jugé insuffisant et de reprendre le contrôle politique du pays.