À Ermelo, dans la province charbonnière du Mpumalanga, des dizaines de jeunes passent leurs journées à creuser des mines artisanales de charbon dans des tunnels étroits et dangereux. Parmi eux, Cyprial, qui rêvait d’avocat, transporte des charges pouvant atteindre 100 kilogrammes vers des vendeurs informels. Ces mineurs clandestins, qualifiés par le gouvernement de « mineurs illégaux », préfèrent eux le terme de « mineurs artisanaux ».

Bien que le Mpumalanga fournisse l’essentiel de l’électricité sud-africaine et alimente des centrales à l’étranger, les habitants locaux en bénéficient peu. La région, avec un taux de chômage de 34 %, reste marquée par la pauvreté et le manque d’accès à l’électricité. « Ce minerai vient de chez nous, mais il est pris pour être vendu ailleurs », déplore Cyprial.

Face à la transition énergétique engagée par le pays, notamment dans le cadre du partenariat pour une transition énergétique juste (JETP) signé en 2021, les mineurs craignent d’être exclus. Le gouvernement tente de réguler l’exploitation artisanale, mais le coût et la complexité des procédures pour obtenir des permis miniers collectifs restent prohibitifs, selon Zethu Hlatshwayo, porte-parole de l’Association nationale des mineurs artisanaux.

Alors que le charbon perd de son importance, l’exploitation minière ne disparaîtra pas totalement, car d’autres ressources du sous-sol sont nécessaires pour produire panneaux solaires et batteries. Les mineurs appellent à une « transition juste » qui inclurait les communautés marginalisées et leur permettrait de bénéficier des richesses minières, corrigeant ainsi des injustices historiques héritées de l’apartheid.

















