La guerre en Iran a mis en lumière la fragilité énergétique de l’Afrique, fortement dépendante des importations, selon un rapport publié par l’Africa Finance Corporation.
D’après cette étude, le continent pourrait faire face à un déficit de 86 millions de tonnes de carburant d’ici 2040. Déjà aujourd’hui, plus de 70 % du carburant raffiné consommé en Afrique est importé, tout comme une grande partie des biens essentiels.
Cette dépendance devrait s’accentuer dans les années à venir, alors que la demande continue d’augmenter. Le rapport souligne que ce déficit équivaut à la production de plusieurs grandes raffineries, dont celles du groupe Dangote au Nigeria.
Les tensions géopolitiques récentes ont également mis en évidence les risques liés aux routes d’approvisionnement, notamment le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante du pétrole mondial. Les perturbations dans cette zone ont particulièrement affecté les pays d’Afrique de l’Est.
Lors de la présentation du rapport à Nairobi, l’économiste Rita Babihuga-Nsanze a insisté sur la vulnérabilité du continent face à ces goulets d’étranglement stratégiques.
De son côté, le président kényan William Ruto a appelé à réduire la dépendance extérieure, estimant que le développement du continent passe par une transformation locale des ressources.
Face à ces défis, plusieurs pays, dont le Kenya, envisagent d’investir massivement dans les infrastructures énergétiques, notamment à travers des projets hydroélectriques et des améliorations des réseaux de transport.
Le rapport souligne également le paradoxe africain : bien que le continent dispose de ressources importantes, comme le phosphate utilisé pour les engrais, sa production reste limitée, renforçant sa dépendance aux importations.
L’Africa Finance Corporation appelle ainsi à développer des capacités locales de production et à mieux exploiter les ressources existantes afin de renforcer la sécurité énergétique du continent.
Source: Africanews

















