La cour d’appel du Kenya a annulé un jugement de 2022 qui reconnaissait l’accès à l’avortement comme un droit constitutionnel, ravivant une controverse majeure dans le pays. Cette décision marque un tournant juridique, en réaffirmant les restrictions strictes encadrant cette pratique.
Selon les juges, la Constitution autorise l’avortement uniquement dans des cas limités, notamment lorsque la vie ou la santé de la mère est menacée. Ils estiment que ce cadre ne permet pas de considérer l’avortement comme un droit fondamental, ouvrant ainsi la voie à des enquêtes et poursuites judiciaires dans certains cas.
Cette décision a suscité des réactions contrastées. Elle a été saluée par les mouvements opposés à l’avortement, mais vivement critiquée par des organisations de défense des droits des femmes, telles que Center for Reproductive Rights, qui redoutent une aggravation des risques sanitaires.
Le débat trouve son origine dans une affaire survenue en 2019, impliquant une adolescente hospitalisée après des complications liées à un avortement, et un professionnel de santé poursuivi pour avoir prodigué des soins. Une décision judiciaire en 2022 avait alors reconnu certains droits des patientes, avant d’être finalement annulée.
Dans un pays où la législation reste marquée par des contradictions entre la Constitution et le code pénal, de nombreuses femmes se tournent vers des pratiques clandestines. Les données disponibles indiquent un nombre élevé d’avortements non sécurisés, entraînant des complications médicales fréquentes et des décès évitables.
Les organisations de défense des droits humains alertent sur les conséquences de cette décision, qui pourrait restreindre davantage l’accès aux soins de santé reproductive et exposer les femmes à des risques accrus.
Source: Africanews

















