Afrique

Ressources minières : les pays africains réfléchissent aux voies de transformation

L’Afrique détient environ 30 % des réserves mondiales des minéraux les plus critiques : cobalt, lithium, graphite, terres rares, métaux du groupe du platine, cuivre, manganèse et nickel.

Newstimehub

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11 Juil, 2026

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Les pays africains producteurs de minéraux critiques et des partenaires au développement ont pris part vendredi à Abidjan à une conférence ministérielle, visant à prendre des engagements pour permettre au continent de tirer parti de ses vastes ressources minières critiques au service de son développement durable.

La rencontre a réuni notamment les ministres africains chargés des Mines, de l’Énergie, de l’Industrie, de l’Économie verte et des Ressources naturelles ainsi que des dirigeants de banques régionales africaines de développement, de la Commission de l’Union africaine, du secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, des institutions financières régionales, des partenaires techniques stratégiques et des investisseurs institutionnels.

« L’objectif de cette conférence est d’opérer un changement de paradigme et d’établir un nouveau partenariat pour le continent africain, afin qu’il puisse mieux gérer ses ressources et en faire bénéficier directement sa population », a déclaré le président de la Banque africaine de développement (BAD) Sidi Ould Tah, à l’ouverture des travaux.

Elle permettra également de prendre des mesures concrètes pour une meilleure articulation entre la valorisation des minéraux et la création de valeur ajoutée locale.

Sidi Ould Tah a également insisté sur la nécessité de restructurer le financement.

« Nous estimons qu’en Afrique, nous disposons de plus de 100 institutions de financement du développement (IFD), mais leur bilan combiné représente seulement 1 % du bilan mondial des IFD. Il est crucial de consolider et de recapitaliser ces institutions »

Aussi, pour lui, la solution réside dans la construction d’infrastructures résilientes et la création de valeur ajoutée locale.

Présent à cette rencontre, le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a insisté sur la solidarité continentale « Le défi est de transformer ces ressources en richesses durables et en prospérité partagée. Si les trajectoires de nos pays ne seront pas forcément uniformes, il sera difficile pour chacun d’atteindre ses objectifs seul. Il nous faut collaborer pour créer des chaînes de valeur régionales », a-t-il soutenu.

Rappelant le potentiel ivoirien, le ministre a précisé qu’aujourd’hui, « les trois quarts du territoire ivoirien sont soupçonnés de regorger de minéraux critiques ».

Il a souligné que la vision du président Alassane Ouattara est de hisser la Côte d’Ivoire au rang des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure à l’horizon 2030.

Cette ambition repose sur une politique intégrée des ressources minérales et de l’énergie (2026-2040), chiffrée à 38 000 milliards de francs CFA, dont 88 % sont attendus du secteur privé.

Pour conclure, le ministre a assuré que l’Afrique est prête à faire des minéraux critiques un levier de transformation économique et industrielle.

L’Afrique, faut-il le rappeler, détient environ 30 % des réserves mondiales des minéraux les plus critiques : cobalt, lithium, graphite, terres rares, métaux du groupe du platine, cuivre, manganèse et nickel.

Les ressources minérales du continent sont estimées à environ 29,5 milliards de dollars américains (soit 819 % du PIB de l’Afrique, ou environ 8,2 fois son PIB annuel) en valeur au site minier, ce qui représente près de 20 % du total mondial.

Parmi ces ressources, environ 8,6 milliards de dollars américains (239 % du PIB de l’Afrique) restent encore non exploitées et les projections de demande de minéraux critiques dans le monde sont sans équivoque : d’ici à 2040, la demande en métaux du groupe du platine devrait augmenter de plus de 1 000 %, celle du lithium de 842 % et celle du cuivre de 88 % par rapport au niveau de 2023.

L’ampleur et la rapidité de cette croissance annoncent une réorganisation industrielle sans précédent. À elle seule, la chaîne de valeur des véhicules électriques et des batteries devrait passer de 7 000 milliards de dollars en 2030 à 59 000 milliards de dollars en 2050.