L’Autorité indépendante de lutte contre la corruption du Tchad (AILC) a affirmé mercredi que des agents de sécurité avaient détenu et agressé ses inspecteurs alors qu’ils enquêtaient sur les activités pétrolières de la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT), selon un communiqué.
L’AILC a indiqué avoir dépêché une équipe pour examiner la gestion financière, matérielle et des ressources humaines de la société depuis 2024. Les inspecteurs demandaient notamment des documents, dont les factures de vente adressées aux acheteurs de pétrole brut de la SHT, jugées nécessaires pour vérifier l’exhaustivité, l’exactitude et la régularité des recettes issues des ventes de pétrole.
Selon l’autorité, le directeur général, le directeur général adjoint et le directeur commercial de la SHT ont refusé de fournir les documents demandés, malgré les obligations légales imposant aux entités placées sous la supervision de l’AILC de donner accès aux informations et documents relatifs à leur gestion.
La situation aurait dégénéré lorsque le directeur de l’Agence nationale de sécurité de l’État (ANSE) est arrivé dans les locaux de la SHT avec des agents masqués et lourdement armés, affirme l’AILC.
Le vice-contrôleur général de l’AILC, son directeur général chargé des enquêtes et du contrôle, ainsi que plusieurs inspecteurs et assistants auraient été menottés, cagoulés et agressés avant d’être conduits dans les locaux de l’ANSE, où ils auraient été retenus plusieurs heures.
L’AILC affirme également que leurs téléphones et ordinateurs ont été saisis et examinés, malgré les explications de son vice-contrôleur général sur le caractère légal de l’inspection.
La SHT et l’ANSE n’ont pas immédiatement réagi à ces accusations.
L’autorité anticorruption a toutefois assuré qu’elle poursuivrait son travail de contrôle au sein de la SHT. Elle affirme que l’enquête vise à établir les faits concernant la gestion des ressources pétrolières du Tchad et à déterminer les éventuelles responsabilités au regard de la loi.



















