Recrutés de force par les ADF, affiliés à Daesh, Paluku (12 ans) et Édouard (17 ans) livrent un témoignage rare et glaçant sur des mois, parfois des années, de captivité dans le nord-est de la République démocratique du Congo.
Enlevés lors d’attaques contre leurs villages, ces enfants ont été emmenés dans des camps mobiles dissimulés dans la forêt, où femmes et mineurs constituent l’essentiel des effectifs. Là, ils ont été contraints d’apprendre des langues, de manier des armes, de soigner les blessés et de piller les civils pour assurer la survie du groupe. Les échecs étaient punis par des coups de fouet, des séquestrations prolongées ou la menace de mort.
Paluku raconte avoir refusé de tuer, ce qui lui a valu de violentes sanctions. Édouard, lui, a combattu à plusieurs reprises, blessé puis soigné sommairement dans la brousse, avant de sombrer dans les traumatismes et l’addiction aux drogues administrées par les rebelles. Aujourd’hui pris en charge dans un centre spécialisé, ils tentent de se reconstruire, hantés par les violences subies et par le sort de proches toujours retenus par les ADF.
Derrière ces récits, c’est toute la tragédie des enfants enrôlés de force dans un conflit qui dure depuis plus de quinze ans qui refait surface, rappelant l’extrême brutalité persistante des groupes armés dans l’Est congolais.
Source: TRT Africa

















